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Congé de naissance 2026 : mode d'emploi pour les RRH face au nouveau dispositif

Congé de naissance 2026 : mode d'emploi pour les RRH face au nouveau dispositif

Jean-Paul Leclerc
Jean-Paul Leclerc
Analyste en digitalisation RH
21 avril 2026 14 min de lecture
Congé de naissance 2024 : mode d’emploi pour les employeurs et responsables RH. Durée, indemnisation, articulation avec congé maternité, paternité et parental, impacts paie/SIRH et check‑list pratique de mise en conformité.
Congé de naissance 2026 : mode d'emploi pour les RRH face au nouveau dispositif

Structurer le congé de naissance dans l’architecture congés maternité, paternité et parental

Institué par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 (LFSS 2024, n° 2023‑1250 du 26 décembre 2023, notamment son article 70) et précisé par le décret n° 2024‑528 du 10 juin 2024 relatif au congé de naissance, le nouveau dispositif vient s’ajouter aux régimes de congé maternité, de congé de paternité et d’accueil de l’enfant et de congé parental d’éducation déjà connus des responsables RH. Pour chaque parent, ce congé ouvre un droit à un ou deux mois supplémentaires après les congés légaux existants, avec suspension du contrat de travail et indemnisation par l’Assurance maladie à un niveau défini par les textes. Pour un enfant, ce droit s’applique en cas de naissance ou d’adoption, dès lors que la date de naissance ou la date d’arrivée de l’enfant au foyer entre dans le champ fixé par la LFSS 2024 et ses décrets d’application.

Dans la pratique, les parents salariés peuvent bénéficier de ce congé de naissance immédiatement après la fin du congé maternité ou du congé de paternité et d’accueil de l’enfant, en une ou deux périodes d’un mois. Cela impose aux RRH de clarifier le calendrier des congés et les enchaînements possibles dans le règlement intérieur, les accords collectifs ou les notes de service, afin d’éviter les zones grises entre congé maternité, congé de paternité et congé parental d’éducation. Le congé de naissance est accessible aux deux parents, y compris dans les situations de paternité adoption, d’adoption simple ou plénière, ce qui renforce la logique de congé parental partagé et de meilleure articulation entre vie professionnelle et vie familiale. Les employeurs doivent donc sécuriser leurs procédures internes pour que chaque parent puisse bénéficier d’un congé adapté à sa situation, sans rupture de droits entre les différents congés familiaux.

Les décrets d’application prévoient que la prise du congé de naissance peut être simultanée ou alternée entre les parents, ce qui complexifie la gestion des effectifs mais améliore la présence des parents auprès de leur enfant. Pour les RRH, l’enjeu est de traduire ces mesures sociales dans des règles claires : ordre de prise des congés, articulation avec les congés payés et les RTT, gestion des demandes tardives et contrôle des dates de naissance ou d’adoption. Le nouveau cadre renforce aussi le rôle d’Ameli (ameli.fr, voir la rubrique droits et démarches famille) et de la Caisse d’Allocations Familiales (caf.fr, onglet prestations familiales), puisque les prestations familiales, les indemnités journalières et le financement Sécurité sociale doivent être suivis avec précision pour chaque enfant et pour chaque congé. Un renvoi systématique vers les fiches pratiques Ameli et CAF dans les documents RH internes, complété par une FAQ téléchargeable pour les RRH et des liens vers les pages internes de l’entreprise (FAQ congés familiaux, modèles de courrier), permet de fiabiliser l’information donnée aux salariés.

Impacts sur effectifs, paie et SIRH : sécuriser les process autour du congé de naissance

Sur le plan opérationnel, le congé de naissance modifie la planification des effectifs, car un parent peut prolonger son absence d’un à deux mois après la maternité ou la paternité. Pour un service RH en entreprise de 100 à 2 000 salariés, cela signifie plus de remplacements temporaires, des ajustements de charge et une anticipation fine des dates de retour, surtout lorsque plusieurs enfants et plusieurs congés se cumulent sur la même période. Le niveau d’impact dépend du taux de natalité interne, mais aussi de la capacité de l’employeur à suivre précisément chaque date de naissance prévue, chaque date réelle de naissance ou d’adoption et chaque délai de congé dans le SIRH, via un workflow unique couvrant congé maternité, congé de paternité, congé de naissance et congé parental.

Les équipes paie doivent intégrer les nouvelles règles d’indemnisation, avec 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, versés sous forme d’indemnités journalières par l’Assurance maladie, sous réserve des plafonds de la Sécurité sociale. À titre d’exemple chiffré simplifié, pour un salaire net mensuel de 2 000 € et en supposant que le salaire journalier de base ne dépasse pas le plafond de la Sécurité sociale (plafond mensuel 2024 : 3 864 €, soit environ 128,80 € par jour), l’indemnité journalière théorique est calculée sur la base du salaire journalier de référence. Le premier mois, le parent percevrait environ 70 % de ce montant, puis 60 % le second mois, sous réserve des règles exactes de calcul et de l’application des plafonds de la Sécurité sociale. La coordination entre employeur, Sécurité sociale et Caisse d’Allocations Familiales devient centrale pour fiabiliser les montants, éviter les trop-perçus et sécuriser le financement Sécurité sociale associé à ce congé. Concrètement, chaque dossier de congé de naissance, de congé maternité ou de congé de paternité et d’accueil de l’enfant doit être tracé dans le SIRH, avec les justificatifs Ameli (attestation de droits, avis de paiement), les dates de début et de fin, les prestations CAF éventuelles et les impacts sur les droits à congé parental ultérieurs.

Pour limiter les risques de non-conformité sociale, les RRH ont intérêt à formaliser un processus standardisé couvrant maternité, paternité, paternité adoption, congé de naissance et congé parental. Ce processus doit préciser les pièces à fournir (acte de naissance ou justificatif d’adoption, attestation de filiation, RIB, justificatifs Ameli), les délais de demande (par exemple, information de l’employeur au moins un mois avant le début du congé), les échanges avec Ameli (déclaration en ligne, transmission de l’attestation de salaire) et les contrôles internes sur les indemnités journalières, afin que chaque parent puisse bénéficier d’un congé sans litige ultérieur. Une cartographie claire des flux entre SIRH, paie et Assurance maladie – par exemple sous forme de schéma intégré au guide RH – permet aussi de mieux piloter les coûts, de suivre le nombre d’enfants concernés et d’anticiper les pics d’absences liés aux naissances dans certains métiers ou services.

Exemple de flowchart SIRH (schéma textuel) :

  1. Salarié informe le manager et le service RH de la naissance ou de l’adoption →
  2. RH enregistre la demande de congé de naissance dans le SIRH (dates souhaitées, durée, fractionnement) →
  3. SIRH génère le modèle de courrier de demande et l’attestation de salaire à destination d’Ameli →
  4. Service paie contrôle les données (salaire de référence, plafonds de Sécurité sociale) et valide l’envoi à l’Assurance maladie →
  5. Ameli calcule et verse les indemnités journalières ; les informations de paiement sont intégrées dans le dossier salarié →
  6. RH suit les dates de début et de fin de congé, met à jour les plannings et prépare le retour (entretien, éventuel passage en congé parental).

Mini étude de cas – PME de 150 salariés : une salariée termine son congé maternité, puis enchaîne un mois de congé de naissance. Son conjoint, salarié de la même entreprise, prend son propre mois de congé de naissance de façon décalée. Résultat : deux absences successives sur le même poste, nécessitant un remplacement de trois mois. Le SIRH permet de visualiser l’ensemble des dates, d’anticiper le recrutement temporaire et de vérifier que les attestations de salaire ont bien été transmises à l’Assurance maladie pour les deux parents.

Communication, marque employeur et accompagnement des parents autour du congé de naissance

Au‑delà de la conformité, le congé de naissance devient un levier de marque employeur pour les entreprises qui structurent bien leur accompagnement des parents. Une communication interne claire sur les droits, les délais, les démarches Ameli et les prestations CAF renforce la confiance, surtout lorsque les parents d’enfants multiples ou les familles en situation d’adoption doivent arbitrer entre congé de naissance, congé parental et congés payés. Les RRH peuvent aussi proposer des guides pratiques expliquant comment bénéficier d’un congé de naissance accessible (modèle de courrier de demande, formulaire type), comment articuler maternité et paternité et comment préparer le retour à la vie professionnelle (entretien de reprise, adaptation du poste, télétravail), en renvoyant vers les pages internes dédiées (FAQ congés, modèles de lettres, charte télétravail).

Mettre en avant ce congé dans les offres d’emploi, aux côtés du congé maternité, du congé de paternité et d’accueil de l’enfant et des dispositifs de congé parental, envoie un signal fort sur la politique sociale de l’employeur. Dans un contexte de baisse de la natalité, montrer que l’entreprise soutient les parents et sécurise leur niveau de revenus pendant le congé contribue à l’attractivité et à la fidélisation. Les mesures sociales liées à la naissance d’un enfant, complétées par des actions de coaching de retour, de télétravail partiel, d’horaires aménagés ou de places en crèche d’entreprise, renforcent la cohérence entre discours et pratiques et peuvent être valorisées dans le rapport RSE.

Enfin, les RRH doivent former les managers à gérer ces absences prolongées, qu’il s’agisse d’un enfant et d’un seul congé ou de plusieurs enfants et de congés successifs. Les managers doivent connaître les grandes lignes des décrets d’application, comprendre le rôle de la Sécurité sociale et de l’Assurance maladie, et savoir orienter les salariés vers les bons interlocuteurs internes (référent paie, référent SIRH, service RH) pour bénéficier d’un congé adapté. Une gouvernance claire autour de la loi de financement, des mesures de congé maternité et des nouveaux droits liés à la naissance permet de sécuriser l’ensemble du dispositif pour les parents et pour l’entreprise, tout en limitant les risques de contentieux prud’homal.

Check‑list pratique pour les RRH :
– Vérifier l’éligibilité (date de naissance/adoption, affiliation à l’Assurance maladie).
– Remettre au salarié un mémo sur l’articulation congé maternité / paternité / congé de naissance / congé parental.
– Fournir un modèle de courrier de demande de congé de naissance et préciser le préavis interne.
– Mettre à jour le SIRH (dates, type de congé, justificatifs Ameli et CAF).
– Informer le manager et organiser le remplacement ou la réorganisation de l’équipe.
– Planifier l’entretien de reprise et, le cas échéant, la transition vers un congé parental.

Données clés à retenir sur le congé de naissance

  • Indemnisation du premier mois de congé de naissance à 70 % du salaire net pour chaque parent, en complément des congés maternité et de paternité et d’accueil de l’enfant existants, selon les conditions prévues par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2024, n° 2023‑1250) et le décret n° 2024‑528 du 10 juin 2024.
  • Indemnisation du deuxième mois de congé de naissance à 60 % du salaire net, financée par la Sécurité sociale via des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie, avec application des plafonds réglementaires de la Sécurité sociale (plafond mensuel 2024 : 3 864 €).
  • Durée du congé de naissance fixée à un ou deux mois par parent, fractionnable en deux périodes d’un mois après les congés légaux, avec suspension du contrat de travail et protection contre le licenciement pendant la période de congé, dans le respect du Code du travail et des conventions collectives.
  • Éligibilité du congé de naissance pour chaque parent d’un enfant né ou adopté à partir d’une date de référence fixée par la loi de financement de la Sécurité sociale et ses décrets d’application, sous réserve des conditions d’affiliation à l’Assurance maladie et des démarches effectuées auprès d’Ameli et de la CAF.

Questions fréquentes des responsables RH sur le congé de naissance

Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance en entreprise ?

Chaque parent salarié d’un enfant né ou adopté à partir de la date fixée par la loi peut bénéficier de ce congé supplémentaire de naissance, sous réserve de remplir les conditions d’affiliation à l’Assurance maladie et de respecter les délais de demande prévus par l’employeur. Ce droit concerne aussi bien les mères que les pères, y compris dans les situations de paternité adoption ou d’adoption plénière. Les RRH doivent donc intégrer ce nouveau droit dans leurs politiques de congé pour l’ensemble des catégories de personnel (CDI, CDD, temps partiel), en s’appuyant sur les fiches pratiques disponibles sur ameli.fr – droits et démarches famille et sur les informations de la CAF, ainsi que sur les ressources internes (FAQ RH, guide congés familiaux).

Quelle est la durée du congé supplémentaire de naissance pour les parents ?

La durée du congé supplémentaire de naissance est de un ou deux mois par parent, avec la possibilité de fractionner en deux périodes d’un mois. Ce congé intervient après les congés légaux existants, notamment le congé maternité et le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, ce qui prolonge la présence des parents auprès de l’enfant. Les responsables RH doivent adapter leurs plannings pour intégrer ces durées, prévoir les remplacements nécessaires et informer les salariés, par exemple via une fiche mémo ou une FAQ interne dédiée aux congés familiaux, téléchargeable depuis l’intranet RH.

Comment est indemnisé le congé supplémentaire de naissance au niveau de la paie ?

Le congé supplémentaire de naissance est indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois, sous forme d’indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, dans la limite des plafonds de la Sécurité sociale. L’employeur doit transmettre les informations nécessaires à l’Assurance maladie (attestation de salaire, dates de congé) et vérifier la cohérence entre les montants versés et les données de paie. Une bonne coordination entre SIRH, service paie et organismes sociaux limite les erreurs, sécurise les droits des parents et facilite les régularisations en cas de trop-perçu ou de changement de dates. Pour les cas complexes, les RRH peuvent renvoyer les salariés vers les simulateurs disponibles sur ameli.fr et vers les outils de calcul internes mis à disposition par la paie.

Comment articuler congé de naissance, congé parental et autres congés familiaux ?

Le congé de naissance se prend après les congés légaux existants, puis peut être suivi d’un congé parental si les parents le souhaitent. Les RRH doivent clarifier l’ordre des congés, les délais de demande (préavis, modalités écrites), les impacts sur les droits à prestations CAF (complément de libre choix d’activité, PreParE) et sur la carrière (ancienneté, droits à congés payés). Une information structurée, complétée par une checklist récapitulative des options possibles et un modèle de courrier de demande de congé parental, permet aux parents de choisir la combinaison la plus adaptée à leur vie familiale et à leur situation professionnelle, tout en restant en conformité avec la réglementation.

Quels sont les enjeux de conformité sociale pour les employeurs avec ce nouveau congé ?

Les enjeux de conformité sociale portent sur le respect des droits des parents, la bonne application des décrets d’application et la sécurisation des échanges avec la Sécurité sociale et l’Assurance maladie. Les employeurs doivent mettre à jour leurs accords collectifs, leurs procédures internes et leurs outils SIRH pour intégrer ce congé de naissance, en veillant à la cohérence avec le Code du travail et les conventions collectives applicables. Une vigilance particulière est nécessaire sur les délais de congé, les dates de naissance ou d’adoption et le suivi des indemnités journalières, ainsi que sur la traçabilité des décisions RH en cas de contrôle de l’URSSAF ou de contentieux prud’homal. Pour sécuriser la pratique, il est recommandé de documenter les procédures dans un guide RH, de proposer une FAQ téléchargeable aux managers et de renvoyer systématiquement vers les textes officiels publiés sur Legifrance.

Pour aller plus loin : Legifrance (textes officiels, LFSS 2024 n° 2023‑1250 et décret n° 2024‑528), Ameli, CAF, Culture RH.